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Récolter la nuit, éviter l'embrasement, 2026

    En 2026, la récolte des moissons a démarré plusieurs semaines en avance. 
Cette précocité est due au manque d’eau du mois d’avril et aux canicules répétées depuis fin mai. 
Moissonner la nuit est devenu impératif pour éviter les départs de feux et laisser une légère humidité afin d’éviter que les grains ne se cassent lors de la fauche. 

J’ai commencé un travail photographique dans la région où je vis, en demandant à des agriculteurs·rices de me prévenir lors des nuits de récoltes des moissons. Je les ai accompagnés.
Il s’agissait de suivre la moissonneuse et le tracteur réceptionnant le grain, en les perdant au loin, parfois jusqu’à n’en voir que leur trace lumineuse. 
Dans une mobilité limitée par la nuit avec pour seule source de lumière les machines, je pouvais imaginer et percevoir les sillons, passer au dessus et saisir des apparitions suivant le chemin des phares. 
Le temps des échanges lors des déchargements ou des rotations entre agriculteurs·rices ont été l’occasion de poses me permettant de composer par le cadrage des scènes dans le noir.

Avec le réchauffement climatique et les canicules à répétition, la nuit devient un espace-temps refuge dans plusieurs secteurs. Il est probable qu’en agriculture, les horaires de travail de nuit soient amenées à se multiplier. L’horloge comme le climat se dérègle. Les fréquences des moissons de nuit ayant augmenté ces dernières années, elles ne sont plus surprenantes. Elles semblent pourtant se situer dans un espace théâtrale nouveau où l’atmosphère, l’espace et la lumière change, et où l’inquiétude de l’embrasement plane. 

D'autres séances de prises de vues sont à venir pour documenter des temps de travail nocturnes agricoles. 

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